Nicolas Perruchot
Vendredi  30 Juillet 2010 | 14:16 
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Défense nationale

La France réintègre l’OTAN

La France réintègre l’OTAN La France réintègre l’OTAN

Créée en 1949, l’OTAN regroupe aujourd’hui 26 pays partageant les mêmes valeurs que sont la démocratie, la liberté, et le règlement pacifique des différends afin de les assurer à tous ses membres. Elle incarne la passerelle entre la sécurité de l’Amérique et de l’Europe.

L’organisation de sa dimension militaire est scindée entre l’ACO qui commande les opérations et l’ACT qui gère la transformation de ses forces à toutes ses étapes. Concrètement, les troupes mises à disposition de l’OTAN par ses membres sont sous la responsabilité de ce commandement intégré.

Si la France partage la vision de l’OTAN et en est membre à part entière, elle a cependant quitté son commandement intégré en 1966 selon les souhaits du général De Gaulle pour éviter tout stationnement de troupes étrangères sur le territoire français.

Vers un positionnement plus clair

Aujourd’hui, sortie de la logique de bloc, lorsque de nombreux ex-membres du pacte de Varsovie ont adhéré à l’Alliance, l’OTAN est vue comme une protection contre les menaces liées à la mondialisation y compris par les anciennes républiques de l’Est.

Si la France a fait plusieurs pas en avant vers l’OTAN avec en 1992 la participation au comité militaire pour les opérations en Bosnie ou encore la réinsertion de militaires français dans la structure intégrée en 2004, elle ne l’assume pas encore totalement.

La France, 4ème contributeur financier de l’Alliance, représente 7% des effectifs engagés dans les opérations soit 4650 soldats, pour autant sans structure de commandement intégrée, elle ne pèse pas significativement dans les décisions stratégiques de l’Alliance.

A cause de l’opposition entre l’OTAN et l’Europe de la défense, cette dernière est restée au point mort. La position française, seule à l’écart du commandement intégré, exigeait pour la confiance des ses partenaires européens une clarification de ses positions : l’Europe de la Défense est une priorité. Elle compte d’ailleurs de vraies réussites. En effet la politique européenne de sécurité et de défense a connu des avancées concrètes : renforcement des capacités opérationnelles et fort engagement de l’Europe sur le terrain.

La France protège son indépendance

En accord avec les principes d’indépendance de 1966, l’envoi de troupes françaises en opération ainsi que le placement de contingents militaires sous le commandement de l’autant sont subordonnés à la volonté de la France. La dissuasion nucléaire française, quant à elle, reste totalement indépendante et sert, en collaboration avec l’Angleterre, l’Europe de la défense et l’OTAN.

Sur ces bases, et à l’occasion du sommet de Strasbourg-Kehl les 3 et 4 avril 2009, la France souhaite augmenter la réactivité, l’efficacité et la cohésion de l’OTAN. En outre, cette démarche visant à garder l’indépendance et la liberté de ses membres est comprise des français, favorables à 58% à la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN.

Enfin, étant donné que chaque décision de l’OTAN est prise à l’unanimité, elle est donc l’expression  de la volonté collective de tous les Etats souverains membres de l’Alliance. Ils sont libres de contribuer ou non à chaque opération, même dans le cadre du commandement intégré. Preuve en est lorsque l’Allemagne refuse de s’engager dans le conflit en Irak en 2003, arguant qu’en dépit de l’article 5 de la charte de l’OTAN (une attaque armée contre un des membres est considérée comme une attaque dirigée contre tous les membres), l’emploi de la force n’est pas automatique.

Article créé le 13 Octobre 2009 - Mis à jour le 19 Octobre 2009